L’Inspectrice d’Académie, directrice académique des services de l’Éducation nationale de la Sarthe a prononcé une mesure conservatoire de suspension à l’encontre du proviseur du lycée Touchard-Washington Jean-François Bourdon. Si les SUD éducation de l’académie de Nantes se félicitent de cette décision, nous refusons de saluer la prétendue « réactivité » d’une institution qui a délibérément laissé pourrir la situation au mépris de la santé des agents. Ce dénouement n’est pas un acte de bienveillance managériale, mais le résultat d'un bras de fer de longue haleine mené par les personnels en souffrance et leurs représentant·es.
Le double discours de l’administration est insupportable. Alors que nos élu·es en F3SCT Académique ont dû se battre pendant des années contre les manœuvres dilatoires du Rectorat pour obtenir une visite en mai 2025, la DASEN tente aujourd’hui de justifier cette suspension par une procédure ministérielle. On apprend dans son courrier que « cette mesure fait suite à l’enquête administrative menée par l’IGESR de septembre à novembre 2025 ».
C’est une insulte au travail de terrain : cette décision intervient neuf mois après que les représentant·es syndicaux, dont celleux de SUD éducation, ont produit un rapport accablant sur les agissements du chef d'établissement. L’administration a sciemment refusé d'acter la suspension dans les préconisations du rapport de visite, contraignant les organisations syndicales à voter de multiples avis pour exiger l'ouverture d'une enquête et la mise à l'écart du proviseur.
Pour SUD éducation, ce décalage de neuf mois est un aveu de complicité : l’administration a multiplié les manœuvres dilatoires pour protéger un cadre plutôt que de protéger ses agents, alors qu’elle disposait de toutes les preuves locales nécessaires depuis le printemps précédent.
Pendant huit ans, des alertes de violences et d'abus sont restées lettres mortes auprès d’un rectorat sourd aux cris d'alarme. En chargeant aujourd'hui un nouveau proviseur de veiller à la mise en œuvre de conditions « sereines et respectueuses d’exercice pour toutes et tous », l’administration avoue enfin l’insoutenable. Elle reconnaît, par cette décision tardive, avoir laissé s’installer un climat toxique dont elle porte l’entière responsabilité en tant qu’employeur.
Cette victoire historique n'aurait pu voir le jour sans la mobilisation quotidienne des personnels et le travail intersyndical exemplaire mené en bonne intelligence entre les syndicats SUD éducation de l'académie de Nantes et les autres organisations syndicales de l'établissement.
L’heure est désormais aux comptes. SUD éducation exige que des sanctions disciplinaires fortes, fermes et exemplaires soient prononcées sans délai à l’encontre de ce chef d’établissement défaillant. Le rectorat doit prouver par des actes radicaux que les comportements toxiques n’ont plus leur place dans l’Éducation nationale. Nous ne nous contenterons pas d'une simple gestion de crise médiatique : nous resterons mobilisé·es pour que justice soit rendue aux victimes et pour que plus jamais le silence de l'institution ne devienne le complice de la souffrance au travail.
